Parc éolien dans Nicolet-Yamaska: pour un choix collectif

Lettre ouverte publiée dans le Courrier Sud le 21 avril 2023.

Les éoliennes industrielles sont gigantesques. En plus de générer de l’électricité, elles modifient le paysage visuel et sonore, peuvent affecter la vie animale et humaine, et génèrent un travail de démantèlement d’envergure ainsi qu’une grande quantité de déchets à gérer et possiblement enfouir, car non recyclables, dans à peine 25-30 ans.

Implanter des éoliennes chez nous nécessite donc une réflexion sérieuse. Il est important de mesurer les retombées économiques, environnementales et sociales autant que les désavantages et d’en arriver à une DÉCISION COLLECTIVE. C’est notre demande, en tant que citoyens de la MRC de Nicolet-Yamaska.

J’EN APPELLE À LA RÉFLEXION COLLECTIVE CONCERNANT L’IMPLANTATION D’ÉOLIENNES DANS LA MRC DE NICOLET-YAMASKA

Le conseil des maires de la MRC a déjà pris position en octobre dernier, en amorçant des démarches pour le déploiement d’un projet éolien, sans consulter préalablement la population sur ce dossier important. Alors que cette industrie peut changer beaucoup la qualité de vie de nombreuses personnes dans la région, les citoyens n’ont été informés qu’en mars 2023 par les journaux. Cela fait au moins 5 mois de perdu pour entamer une réflexion collective.

Alors que chez nous le bal a été lancé par les promoteurs, la municipalité de Frampton nous offre un exemple bien différent et inspirant où la consultation et l’implication des citoyens a primé. 

Après 18 à 24 mois de concertation et d’information populaire, selon André Bélisle président de l’AQLPA et résident impliqué, le premier projet de parc éolien communautaire au Québec s’est implanté en copropriété avec la municipalité. « Nous avons formé un comité citoyen avec une proportion égale de personnes favorable et défavorables au projet. Nous avons organisé plusieurs rencontres et fait venir de nombreux experts sans conflits d’intérêts pour informer la population. Il fallait savoir de quoi l’on parle pour pouvoir faire un choix. Puis, nous avons tenu un référendum qui a eu 78% de participation ». Alors que le projet que la compagnie aurait aimé déployer comportait 45 éoliennes, le projet mené par les citoyens n’en retiendra que 12. C’est qu’il faut se souvenir que les promoteurs sont à la solde des actionnaires souhaitant maximiser les profits, alors que les citoyens sont ceux qui vivront avec les éoliennes pour des dizaines d’années. Alors que chez nous, nombreux sont encore les résidents de la MRC qui ne sont pas au courant du projet éolien en démarrage, voici ce qui se passe depuis au moins un mois de manière plutôt discrète et que nous avons appris en devant y mettre beaucoup de temps et de recherche: 

·      Certains entendent parler du projet la première fois parce qu’un promoteur prend contact avec eux ou avec l’un de leurs amis avant même que la municipalité en soit avisée ou encore l’Union des producteurs agricole (UPA).

·      On commence par présenter des offres alléchantes aux propriétaires terriens de manière isolée, sans qu’il puisse n’y avoir de concertation entre eux ni avec les voisins et les autres citoyens des environs. 

·      Ceux qui n’acceptent pas de signer les ententes avec les promoteurs ne recevront aucune compensation financière si le projet va de l’avant, lorsque des éoliennes seront installées chez leur voisin et qu’ils vivront eux aussi avec les désavantages. 

·      On encourage les propriétaires terriens à signer rapidement, avec promesse d’un chèque de 1000$ dès maintenant et chaque année jusqu’au début de la production d’électricité éolienne (que le projet se concrétise ou non).

·      Les revenus annuels promis sont importants pour les agriculteurs dont 3/5 d’entre eux sont en difficulté financière selon l’UPA. Ils peuvent aller de quelques milliers de dollars par année à plus de 100 000$ annuellement selon la grandeur de la terre, le nombre et la grosseur des éoliennes. Cela place les agriculteurs dans une situation inconfortable où leurs intérêts personnels peuvent devenir plus importants que les intérêts et le bien-être des citoyens ainsi que celui de la faune. La valeur de la terre recevant la ou les éoliennes augmentera, ce qui aura un impact incertain sur les terres voisines et diminuera la valeur des terrains résidentiels. 

·      On lit dans le Courrier Sud que la préfète de la MRC Geneviève Dubois dit: « […] ça va dépendre ultimement des citoyens » parce que « […] s’il n’y a pas de citoyens intéressés à accueillir des éoliennes chez eux, il n’y aura pas de projet. » On peut facilement en déduire que l’opinion des citoyens non-propriétaire de terre n’est pas recherchée ni requise…

·      À Saint-Léonard d’Aston, 8 éoliennes sont prévues dans le rang des Martins, elles seraient connectées aux éoliennes de Ste-Perpétue dont nous ignorons encore le nombre. À Grand St-Esprit, on prévoit installer un nombre toujours inconnu d’éoliennes qui seront majoritairement placées aux limites des terres, cet espace qui constitue le corridor où la faune peut évoluer. 

·      On nous dit que le délai prévu par Hydro-Québec pour que tout le projet soit ficelé et approuvé par la population est le 15 septembre, à peine 6 mois depuis que l’information est publique, aussi bien dire qu’une réflexion collective n’est pas souhaité et qu’on mise sur une acceptation sociale docile. 

·      Oui, il y aura des audiences publiques, mais pour l’instant, il semble que seul le promoteur présentera le projet à la population! Ce n’est pas ce que l’on appelle de l’information neutre, sans conflits d’intérêts ni un espace de réflexion collective. Il semble qu’un référendum ne soit pas proposé d’emblée, mais que la population doit d’abord se montrer abondamment en défaveur lors de ces futures rencontres pour qu’il soit envisagé. 

·      Oui, on sait qu’un BAPE est nécessaire. On sait aussi que trop souvent les recommandations du BAPE ne sont pas suivis, alors que ce dernier arrive en toute fin de projet, quand tout a déjà été planifié et entendu. Le BAPE ne fait office que d’une formalité pour rassurer tout le monde, mais ce n’est pas ce qui fera considérablement modifier le projet en fonction des intérêts citoyens. 

NOUS DEMANDONS AU NOM DE TOUS :

Que le comité citoyen que nous démarrons afin de soutenir une réflexion collective sur l’implantation d’une industrie éolienne dans la MRC Nicolet-Yamaska soit appuyé par la MRC dès aujourd’hui. 

Que ce comité de citoyens bénévoles soit encadré par un.e employé.e de la MRC, exempt.e de conflits d’intérêts, responsable de soutenir les démarches entreprises par le comité et de faire une recherche approfondie sur les avantages et les désavantages de cette industrie pour notre région, à raison d’une vingtaine d’heures par semaine aussi longtemps que cela sera nécessaire pour permettre une vraie consultation et réflexion collective.

Qu’un moratoire sur la prospection et la signature d’entente soit mis en place afin de prioriser la réflexion collective d’abord.

Que tous les citoyens aient accès aux informations transmises aux cultivateurs lors de la signature de contrat et au contenu desdits contrats en toute transparence.

Que le tracé prévu, même si préliminaire, pour l’emplacement et le nombre d’éoliennes soit présenté à tous.

Que nous prenions appui sur la situation présente afin d’ajouter dans le fonctionnement de la MRC de Nicolet-Yamaska la notion de choix collectif préalable à tout projet majeur proposé et dirigé par l’industrie privé. Ainsi, les promoteurs devraient avoir l’aval de la communauté avant leurs démarches de prospection et la présentation d’offres aux propriétaires terriens. 

Que les avantages financiers impliqués dans ce projet d’éoliennes, pour tous les acteurs, soient présentés de manière transparente et publique.

Que la communauté soit impliquée dans le choix de l’attribution financière des surplus engrangé par la MRC avec cette industrie si la population choisit de déployer des éoliennes sur son territoire. 

En terminant, nous déplorons que la MRC n’ait pas informé en octobre dernier en encourageant la réflexion collective. Nous souhaitons qu’en se dotant d’une réglementation imposant un choix collectif pour les projets majeurs, nous nous assurerons à l’avenir que les élus qui nous représentent à la MRC ne soient pas trop occupés pour s’intéresser aux implications d’une réflexion collective ou trop centrés sur le bilan financier de la MRC et surtout que cela ne soit pas parce que certains y trouvent des intérêts personnels.

SI VOUS SOUHAITEZ COMME NOUS QU’UNE DÉMARCHE DE CHOIX COLLECTIF SOIT ENTREPRISE, S’IL VOUS PLAÎT :

  • Appuyez cette lettre en y ajoutant votre nom.
  • Joignez notre infolettre afin de recevoir toute l’information nécessaire à des actions collectives. L’union, c’est la force!
  • Faites un don pour donner un pouvoir d’action à notre mouvement citoyen bénévole, non financé et sans conflit d’intérêt. Envoyez un virement Interac à comite@pourunchoixeclaire.ca avec comme réponse à la question le mot “choix”.

Le comité a ouvert un compte entreprise à deux signataires, à la caisse populaire de Godefroy. Nous nous engageons à rendre publiques toutes dépenses et finances du comité sur demande.


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