Ce dimanche 5 mai à Aston-Jonction, nous recevions Krystof Beaucaire, chercheur à l’IRIS qui est venu présenter les conclusions de ses travaux sur la filière éolienne au Québec. La salle était bien remplie, avec environ 80 personnes étant venues s’informer.
Les travaux de Krystof s’inscrivent dans un contexte global, où l’on analyse les projets éoliens dans l’ensemble depuis les débuts. Les constats sont généraux et critiquent un manque d’encadrement du développement éolien au Québec.
On y apprenait que :
- Les projets éoliens sont rentables et comportent peu de risques.
- Les revenus des éoliennes représentent en MOYENNE 3% du revenu des municipalités.
- La majorité des projets éoliens se retrouvent dans les municipalités avec les plus faibles indices de vitalité économique.
- Jusqu’ici, il n’y a malheureusement aucune amélioration de la vitalité économique de ces municipalités attribuable aux revenus éoliens.
- L’intégration éolienne au réseau d’Hydro-Québec a coûté jusqu’à présent 1 milliard $ au Québécois. · Jusqu’en 2023, c’est 1,7 milliard $ en profit qui sont allés aux compagnies privées.
- Depuis 2013, l’électricité éolienne doit être achetée en priorité même si le réseau est déjà à pleine capacité (l’IRÉC chiffre cette perte à 6,09 milliards $).
- Tout le monde, citoyens et élus, gagnerait à ce qu’il y ait un cadre réglementaire pour le développement éolien au Québec. Ceci favoriserait la transparence et l’acceptabilité sociale.
LA PÉRIODE DE QUESTIONS
Dès le début de la période de questions, plusieurs citoyens et élus municipaux pro-éoliens ont exprimé leur mécontentement de façon agressive.
Certaines critiques exprimées nous ont permis de réaliser que le titre sur l’invitation, « Assemblée publique – Pertinence d’un projet éolien pour notre communauté », pouvait peut-être porter à confusion.
On ne parlait pas spécifiquement des redevances d’un éventuel projet à Aston-Jonction, ni des retombées directes pour la communauté, mais plutôt de constats globaux du développement éolien au Québec.
Ce n’était ni une consultation publique, ni une présentation de Kruger (désolé, monsieur!).
Quelques citoyens étaient en colère d’avoir écouté, hors de toute attente, un sociologue expert pendant 1h30. Jusque-là, on s’excuse de toute confusion que nous avons pu créer.
Nous avons aussi tendu le micro à la mairesse d’Aston-Jonction ainsi qu’au maire de Sainte-Eulalie, mais ils ont tous deux décliné de prendre la parole.
CE QUI EST INACCEPTABLE
Contester le contenu d’une conférence, poser des questions difficiles et exprimer son désaccord, tout cela est non seulement légitime, mais souhaitable dans un débat démocratique. Par contre, s’exprimer avec un ton agressif, insultant et condescendant, c’est inacceptable.
Accuser publiquement un chercheur de faire de la désinformation et d’avoir traité des élus de corrompus et d’incompétents, c’est inacceptable.
Une assemblée publique n’est pas un rapport de force. C’est un espace où chacun devrait pouvoir s’exprimer et écouter librement, sans se sentir intimidé.
Lorsque des citoyens et des élus présents à une assemblée publique s’expriment de façon agressive et manquent de respect tandis que d’autres appuient leur agissements, c’est à se demander ce qui est réellement en jeu.
Suite à la conférence, un citoyen d’Aston-Jonction nous a même dit : « Je songe à déménager ».
L’agressivité et l’intimidation n’ont pas leur place dans le débat public. Nous souhaitons que ce qui s’est produit dimanche à Aston-Jonction ne se reproduise plus.