ÉOLIENNES : Un progrès ou un désastre

Par Michel Veilleux, conseiller municipal à Sainte-Monique, le 29 mai 2023.

«SANS PRÉJUDICE ET SOUS TOUTES RÉSERVES»

Comme vous le savez déjà, un promoteur veut installer des éoliennes dans notre municipalité. Pour cette première vague d’une dizaine d’éoliennes, on parle de machines d’une hauteur d’environ 200 mètres, soit environ 660 pieds, plusieurs fois la hauteur de notre église. Comme il en existe déjà de 240 mètres (près de 800 pieds) en Europe, on peut imaginer la hauteur de celles des vagues qui suivront. Je vous fais part ici des éléments d’information dont je dispose à l’heure actuelle.

Notre milieu de vie

Comme le disait un de mes vieux amis de 83 ans, nous avons la chance, nous à Sainte-Monique, de vivre dans un jardin. L’alternance des champs, ruisseaux et boisés combinés à notre chère rivière, nous donne les plus beaux paysages de la MRC. Les cyclistes, toujours nombreux par les belles journées d’été, n’ont cesse de nous vanter le panorama. Nous vivons dans un magnifique environnement et les monstres de béton, d’acier et de composite qui pourraient l’envahir vont le défigurer.

Le bruit

Madame Geneviève Dubois, préfète de la MRC, a déclaré en entrevue à Radio-Canada Mauricie que ces machines sont normées et ne font pas de bruit! J’ai fait le voyage à Saint-Ferdinand de Halifax avec deux autres personnes et nous avons parlé à des résidents, la plus proche éolienne étant distante de 1.2 kilomètre. Effectivement, nous n’entendions pas les éoliennes ou bien, leur bruit était couvert par le vent. Les résidents nous ont expliqué qu’il ventait Nord cette journée-là et que chez-eux, lorsque le vent souffle de cette direction, ils n’entendent pas le bruit des éoliennes. Toutefois, c’est une toute autre histoire par vent d’Ouest (le vent dominant). Les pires moments sont l’été vers l’heure du souper lorsqu’il n’y a pas de vent et que la chaleur du sol monte pour rejoindre l’air froid et les vents du haut (il vente plus en hauteur). À ce moment, impossible de souper dehors ou de s’asseoir tranquillement dans sa cour pour se reposer. Les résidents doivent alors fermer les fenêtres et s’encabaner dans leur maison. Souvent la nuit, impossible de dormir les fenêtres ouvertes. À noter que le bruit d’une éolienne n’est pas uniforme comme l’est celui d’un ventilateur. Il est moins fort pendant une seconde, plus fort la seconde suivante, moins fort et change continuellement et ça, c’est dérangeant. Une jeune femme de la région qui a habité Cap-Chat où il y a des éoliennes confirme le bruit des éoliennes.

La santé

Ce qu’on appelle « le syndrome éolien », ridiculisé par les promoteurs et les politiciens, est bien documenté. Une proportion de gens vivant près des éoliennes souffrent de problèmes (absents avant l’arrivée de ces engins) de mémoire, de stress, de concentration, de sommeil, maux de tête, vertiges, étourdissements, tachycardie, problèmes endocriniens, cardio-vasculaires etc…. D’ailleurs, 40 médecins de la région de Victoriaville ont dénoncé en 2013 l’installation d’éoliennes en milieu habité. À mon grand étonnement, Madame Dubois, lors de la séance du Conseil des maires de la MRC du mercredi 17 mai 2023, a déclaré devant près de 250 citoyens en colère que les questions de santé ne relevaient pas de la MRC et donc que la santé des habitants de la MRC ne la concernait pas! Faut le faire!!!

La division dans les populations locales

J’ai eu la chance de discuter, en compagnie d’autres élus, avec un maire d’une municipalité du Bas Saint-Laurent où sont installées des éoliennes. Il se dit heureux de l’installation d’éoliennes, mais précise que celles chez-lui sont installées en terre publique où il n’y a pas d’humains. Et il nous met en garde très sérieusement quant à l’installation de ces engins en milieu habité, c’est un « nid à chicanes » dit-il. D’ailleurs, les gens de Saint-Ferdinand de Halifax rapportent que depuis l’arrivée des éoliennes (environ 10 ans), beaucoup de gens qui étaient de grands amis ne se parlent plus.

Les éoliennes : une négation de l’écologie

Le Québec produit déjà une électricité propre avec l’hydroélectricité. Alors, pourquoi se tourner vers les éoliennes? Celles-ci fournissent relativement peu d’électricité dont la nature intermittente (le vent ne souffle pas toujours à la vitesse idéale) nécessite des sources alternatives d’électricité pour compenser. En Europe, il s’agit de centrales thermiques au pétrole, gaz ou charbon (extrêmement polluantes), ici il s’agira probablement d’utiliser les réserves d’électricité fournie par les barrages, lesquelles réserves seront ainsi affaiblies. Du côté des matériaux servant à la construction des éoliennes, à titre d’exemple, on peut mentionner le bois de balsa utilisé pour solidifier les pales, lequel bois est récolté en forêt amazonienne, contribuant ainsi à la destruction de ce que l’on appelle le

« poumon de la planète ». Quant au socle, il peut nécessiter plus de 1 000 tonnes de béton armé dont la production est infiniment polluante. Par ailleurs, les parcs éoliens accaparent beaucoup trop d’espace par unité d’électricité produite en comparaison d’autres sources d’électricité plus écologiques.

Il est bien documenté que certaines populations d’oiseaux près des parcs éoliens connaissent des diminutions significatives pouvant aller jusqu’à 75% et même plus car ceux-ci sont dérangés par ces machines. Autrement dit, on leur enlève leur habitat. Il faut compter aussi les oiseaux migrateurs qui doivent modifier leurs voies de migration pour éviter ces engins. Certains oiseaux sont même tués par les pales des éoliennes, lesquelles ont une vitesse de rotation pouvant aller jusqu’à 300 km/h à leur extrémité. Les éoliennes ont aussi un effet important sur la mortalité de la chauve-souris, cette dernière jouant un rôle essentiel dans la pollinisation et dans le contrôle des moustiques.

L’aspect financier

La MRC, laquelle veut s’associer au projet en prenant une participation de 50% dans celui-ci, vante les avantages financiers pour les propriétaires des champs où seront situées ces machines ainsi que pour les municipalités et la MRC elle-même. Serons-nous vraiment plus heureux quand nos rangs seront devenus des autoroutes à 4 voies, quand la municipalité disposera d’un stade olympique et quand les bureaux de la MRC seront en ébène? S’il est vrai que quelques citoyens pourraient recevoir des sommes substantielles des éoliennes sur leur propriété, les autres, surtout ceux dont les maisons seront situées près de ces engins, verront la valeur de leur maison diminuer significativement et pouvant aller jusqu’à 40%. En Europe, des gens qui, connaissant l’arrivée prochaine d’éoliennes, se sont précipités pour vendre leur maison sans en informer les acheteurs, se sont vus condamnés à verser des indemnités importantes à ces derniers. Donc, même les tribunaux reconnaissent cette destruction de valeur.

En conclusion

Le choix de transformer ou non notre milieu champêtre en zone industrielle de science-fiction relève de nos valeurs. Qu’est-ce qui est le plus important, le « cash », ou bien notre qualité de vie, notre santé, le respect des autres et de la nature? Et encore, avec un bémol pour le « cash ». À vous de choisir!


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